Sondages : un point de vue
Écrit par Marwina   
08-11-2011

Depuis quelques semaines, nous avons droit à des sondages absolument ultimes, donnant Hollande à plus de 10 points d'avance sur Sarkozy au premier tour, et un ratio de l'ordre de 60/40 au second. Du jamais vu dans l'histoire des sondages, même au profit d'un candidat de droite. Les deux côtés, UMP et PS, se tire la bourre gentiment pour dire qu'ils ne portent pas trop de crédit à pareils résultats et que l'enjeu est la campagne avant tout. Soit soit soit... Du coup, cette pudeur délicate permet - à peu près - d'éviter des déclaration absurdes ou à l'emporte pièce que ne manquent d'ahabitude pas d'occasioner les sondages, et en particulier les sondages politiques.

Néamoins, et heureusement pour nos zigomatiques, certaines personnes n'hésitent pas à prendre courrageusement la parole. Tel est le cas de Herve Karleskind, un amusant contributeur du site les ecchos. Je suis tombée (outch) sur l'un de ses articles , et c'est avec un certain émerveillement que j'ai lu sa prose. Manifestement Sarkoziste plus ou moins convaincu, il traite de la question cruciale de savoir pourquoi le leader minimo ne décolle pas dans les sondages.

Première note: ce n'est pas tout à fait juste puisque Sarkozy à prit 3% depuis son intervention "sarko show" diffusée en prime time et en simultané sur TF1/Fr2. Mais passons: le fait est qu'effectivement il ne ratrappe pas son retard face à Hollande dans les chiffres données, puisque Hollande progresse égallement, tout comme Marine Le Pen par ailleurs (ce qui est illogique, vu que c'est principalement au détriment des verts et du front de gauche qu'ont lieu ces trois progessions. WTF? TGCM.)

 Pourtant, à y regarder de plus près, 37% des personnes interrogées estiment que Nicolas Sarkozy est le plus à même de « réduire les déficits et la dette ». François Hollande n’est pas loin derrière (36%) mais il perd 7 points dans la bataille : la gauche n’a pas bonne réputation dans ce registre. Du reste, 40% des Français estiment que la politique menée par la droite depuis 2002 est « plus responsable » que celles menées par Lionel Jospin et François Mitterrand (30%).

 J'aime bien les constatations comme quoi "la gauche n'a pas bonne réputation dans ce registre) quand on sait que, sur les 30 dernières années, seulement une vit un gouvernement PS dépasser le seuil fatidique des 3% de déficit alors que l'intégralité des gouvernements de droite l'ont dépassé ou explosé suivant les cas jusqu'en 2005 ( OU l'honneur est sauf grace à un magistral 2.9% - Les moins mauvaises années de la droite sont les deux dernières de Villepin, 2006 et 2007) pour atteindre de nouveaux reccords dès Sarkozy bien installée à l'Elysée.

Comment font ces 40% de français pour s'imaginer que la politique ruineuse et délétère menée par la droite depuis 2002 est plus responsable que celle, très économe en comparaison, menée par Miterrand et puis Jospin à plus fortes raisons? Le seul premier ministre de ces 30 dernières années à avoir réussi à rétablir les comptes de la sécu dans le vert et a avoir fait baisser la dette en % du PIB (la France s'endettait moins que la progression de la croissance). Alors, soit, mesurer la dette en part de PIB ne veut rien dire mais enfin... Les chiffres sont et restent sans appel en ce qui concerne les finances

Partons tout de même de ces donées, soit: 40% des français au moins n'ont aucune idée de ce à quoi ressemble une courbe comparée des déficit de l'état et des gouvernements en place. 40% se figurent à tord que la gauche est irresponsable en matière de politique économique. Et nous avons tout de même, et malgré le matraquage édiatique sur les dangers de la dette, ces sondages sans appel ou Sarkozy se fait littéralement écraser au profit du PS. WTF? Je suis d'accord avec machin, la question mérite d'être posée: pourquoi?

Tout d'abord, je me permet de relativiser l'effet: 24% d'intention de vote, c'est 7 points de perdus par rapport à son résultat du premier tour 2007. En comptant les marges d'erreur de ce type de chose, on peut dire que les intentions de vote sont en réalité entre 20% et 28%. Et c'est avant toute campagne. Donc, dans l'absolu, 7 point, c'est beaucoup mais ce n'est pas humiliant vu le bon score obtenu en 2007. 24%, cela fait quand même près d'un quart de l'électora qui imagine pouvoir voter pour ce truc. Ce n'est tout de meme pas rien, et c'est plus que ce que Chirac à obtenu en 2002.

 Une baisse, je dirais donc pour ma part, toute relative. (Le jour ou je le vois crapauter à 15%, la, ok, je me réjouirais... mais j'ai comme un doute)

 La première réponse apportée par notre bonhome du cercle des ecchos est l'image.  Ce en quoi il a parfaitement raison,à cette nuance près que l'image l'a desservi durant les premiers instants de son mandat et que les voix qu'il pouvait perdre en raison de ce fait seul l'ont été précisément à ce moment la. Je ne pense pas que cela représente grand monde parmis les électeurs de Sarkozy de 2007, dans la mesure ou il faut tout de meme avoir des peaux de saucisson devant les yeux pour être surpris par toute cette débauche de la part du personnage. Un peu comme commander un café et s'étonner qu'il soit chaud...

Un peu d’histoire pour essayer de comprendre. Nicolas Sarkozy serait-il victime du « syndrôme Giscard » ? Oui. Les deux présidents ont, on s’en souvient, commencé leurs mandats en fanfare. Giscard voulait « décrisper » la société française. Au début de son septennat, ne l’a-t-on pas ainsi vu serrer la main des prisonniers ? Elu avec une très courte majorité par un électorat qui attendait autre chose que des affeteries dignes de Marie-Antoinette, Valéry Giscard d’Estaing ne tarda d’ailleurs pas à payer l’addition

Cette comparaison avec Giscard est pour le moins étonnante, même si l'on se souvient du gouvernement Barre et de sa petite singularité: le ministre du Budget, poste crée à ce moment, et offert fort gentiment à Maurice Papon, grand contributeur de l'Etat Français devant l'éternel. Mais à l'époque Papon n'en était pas encore à comparaitre devant les juges pour crime contre l'humanité, donc il faut bien être une facheuse gauchiste mal-intentionée pour oser se rappeller la chose.

Contrairement à Giscard, Sarkozy n'a pas été élu avec une courte majorité. 46/54, c'est 8 points d'écart, ce n'est pas rien et loin s'en faut. Je ne sais pas si l'électora de Sarkozy attendait autre chose que la nuit du Fouquet's, mais, si c'était vraiemnt le cas, je suis désolé pour eux mais c'est assez dingue. J'avoue pourtant que Sarkozy m'a surpris, au début, parce que jen'avais pas imaginé que l'on puisse tomber aussi bas... En fait, je n'avais pas immaginé qu'aussi bas existait. Mais je m'attendais à un florilège digne de son allocution au G8 qui a fait bidonner le monde entier. Ad minima. Et j'ai sincèrement du mal à comprendre comment on pouvait s'attendre à moins que ca en matière de catastrophe.

Sarkozy n'en a pas payé l'adition, il faut se remémorer les sondages d'opinions des premiers temps. Son état de grace à largement survécu à l'étallage de Bling-Bling et au "Casse-toi pauv'con". Ce n'est qu'avec l'empatouillement dans la crise et les non solutions sur non solutions qu'il a commençé a plonger. En d'autres termes: ce n'est que face à la difficulté que son incompétence est apparue manifeste au plus grand nombre.

 Dans la suite de son argumentation, notre commentateur continue sur le parallele avec Giscard. Jusqu'à en venir a des affirmations osées:

Sarkozy donc, « pas sympa », distant et lui aussi englué dans des affaires qui n’en finissent pas. Pour Hollande, la donne est, pour l’heure, royale : le candidat socialiste, qui s’inspire fortement de la « manière Mitterrand », cultivant un caractère rond, patelin, va très probablement s’employer à « giscardiser » son adversaire, puisque comme d’ailleurs Mitterrand, il ne peut instruire son procès en incompétence.

Je suis sans doute capable de passer des choses au PS, plus par non choix que par sympathie, mais alors si ils loupent le choche sur le procès en incompétence de Sarkozy, je sais pas: c'est un coup a se pendre ou à mourir étouffé.  Sarkozy est l'incompétence incarnée. Jamais avant président n'avait été aussi nul. C'en est juste hallucinant.

Si donc il n’est possible de reprocher à Nicolas Sarkozy son incompétence, pourquoi, dans des moments si chaotiques, ses résultats restent-ils toujours aussi mauvais dans les sondages ?
Parce qu’il est, lui aussi, comme Giscard, victime des premières années de son mandat : celles qui comptent le plus puisqu’elles marquent les esprits à jamais.

Et voilà, patatras. Fin de la discussion.  Exdit la principale raison qui fait qu'il ne peut plus séduire, le fait qu'il soit la personne la plus incompétente que l'on ait jamais vu à la tête d'un état, ou peut s'en faut.

Les écarts stupides de ses premières années ne l'aident pas aujourd'hui, c'est vrai. Mais ils ne sont pas la raison: sans quoi il aurait perdu sa crédibilité dès l'épisode de la tribune du G8.

L’opinion publique n’aurait pas si bonne mémoire si la conjoncture économique n’était pas venue tout gâcher. Comme Giscard entre 1974 et 1981,victime de deux chocs pétroliers, Sarkozy a essuyé crise sur crise depuis 2008. Des Français au moral dans les chaussettes qui ne voient pas la fin d’un feuilleton infernal, des banques qui se sont comportées comme si elles pouvaient se goinfrer en toute impunité, un chômage que rien n’arrête : le tableau noir.

L'opinion publique (favorable a Sarkozy) n'aurait surtout pas du tout ouvert les yeux. Cela étant si l'on se base sur les sondages ce n'est que 7 points sur les 31% du premier tour 2007 qui ont revu leur opinion. 22% environ de ses électeurs de 2007. Partant d'un score élèvé pour un premier tour, on retombe sur un score honorable, qui est suppérieur au score de Chirac en 2002 je le rapelle encore une fois. Ce n'est donc pas tant que cela une sanction, ni du programme ni de l'homme. Tout reste véritablement à faire pour que son bilan calamiteux lui éclate au visage.

Même avec une gestion de la grande crise de notre siècle digne du nimporte quoi ambiant, il s'en sort encore. Loin derrière le PS, mais pourquoi: parce que ces derniers bénéficient de l'effet d'absence: l'opinion dans sa grande majorité ne croit pas à la fable comme quoi les faiblesses actuelles de la France s'expliquent par les choix du gouvernement Jospin entre 1997 et 2002. Ces 34% d'intention de vote, ce sont bien sur des électeurs en positif (au moins pour 25%, c'est le score de Royal en 2007) mais aussi des indécis qui savent qu'ils ne veullent plus de la droite, et qui sont devant l'alternative binaire UMP/PS. Si ce n'est pas l'UMP, c'est le PS (puisque ça ne peut pas être le FN)

Pour 10% donc, on peut soupsonner un vote de refus de la politique de Sarkozy avant un vote d'adhésion au programme du PS. Alors que les 31% de Sarkozy en 2007 étaient dans une dynamique d'adhésion: nous sortions de 5 années de marasme et de délires de droite, les gens qui votaient UMP savaient ce qu'était l'UMP ou au moins avaient tous les moyens de le savoir. Les gens qui votent PS aujourd'hui n'ont pas forcément la mémoire aussi vive sur ce qu'étaient les années Jospin: la preuve est que 30% seulement à conscience que la politique économique menées sous ces années là étaient bien plus responsable que celle menée par la suite par la droite.

Si l'on compare à la louche les deux sondages, on peut en déduire que sur les 34% qui pensent voter PS, un minima de 4% ne pense même pas que le PS est à même de mieux gérer la crise que la Sarkozy. Alors que les 24% de Sarkozy tiennent tout entier et largement encore dans les 40% de mal informés qui croient au père noël libertariste.

Tempérons donc. Sarkozy ne décolle pas dans les sondages parce que la base de l'électora de droite ne va pas bien plus loin que ces 24%. Il avait piqué 10% à Le Pen par rapport à 2002, il a perdu la moitié de ses gains en 5 ans. Rien de bien étonnant, la lepénisation des esprits n'a jamais profité qu'a Le Pen, à long terme. Il suffit de voir ses courbes évoluer depuis 1981 pour s'en assurer.

Ce qui est plus étonnant, et ce qui est la véritable question, serait plutot de savoir pourquoi Hollande caracolle autant dans ces même sondages. Et je ne saurais que trop conseiller au PS de répondre à cette questiona evc intelligence, sous peine de voir cette avance s'effriter considérablement. Un vote de reget de la politique de Sarkozy est peut être quelque chose d'aquit. Mais cela ne préfigure en rien que le pari d'un vote d'adhésion au programme du PS est réussi.