Les politiques et les financiers
Écrit par Paul Jorion   
21-07-2011

Paul Jorion

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les résultats de Goldman Sachs au cours du deuxième trimestre sont intéressants parce qu’ils offrent en quelque sorte un cliché de la situation financière de la planète. On ne sera pas surpris d’apprendre par exemple que la firme a perdu de l’argent sur les crédits hypothécaires de l’immobilier résidentiel et commercial américains, ces deux baromètres de la bonne santé économique du pays continuant d’indiquer la tempête, et avec le chômage reparti à la hausse, les particuliers ne sont pas prêts à se remettre à payer leurs traites ou à refréquenter les centres commerciaux.

L’activité spéculative n’est plus ce qu’elle était non plus : le spéculateur trouve ses délices dans le développement de belles tendances à la hausse ou à la baisse, mais le désordre mondial ne permet même plus cela : le désarroi des politiques et leurs réactions désordonnées provoquent la pagaille. Goldman Sachs a du coup accusé des pertes même dans la spéculation sur l’or et l’argent. David Viniar, le directeur financier de Goldman Sachs, l’une des vedettes de l’audition des dirigeants de la firme devant une commission du sénat américain l’année dernière, affirme au Wall Street Journal qu’il est très difficile pour le spéculateur de naviguer dans la mer hâchée que nous connaissons en ce moment parce que « beaucoup de choses dépendent de questions politiques », un environnement « très dur à analyser, très difficile pour nous », ajoute-t-il. Résultat : les bénéfices de Goldman Sachs liés au trading sont en baisse de 53% par rapport à l’année dernière et la firme s’apprête à licencier 1.000 membres de son personnel.

Vous pensiez que les politiques s’ingénient depuis plusieurs années à faciliter la vie des financiers, eh bien, détrompez-vous : la panique présente de la classe politique rend en réalité la vie des financiers très compliquée.

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