Peine de mort (La)
Écrit par Marwina   
17-05-2007

  Mars, le 18 décembre 2006.

Actualité: l'ex dicateur Saddam Hussein à été condamné à mort par pendaison.
 

 

La mort n'est pas une sanction.

 


 

     Tout ce qui naît doit mourir un jour ; principe fondamental indispensable à l'existence. Les planètes elles-mêmes, les soleils, les galaxies, naissent et meurent, tout comme le plus éphémère des insectes. Tout comme la microscopique bactérie.

       Pour nous autres, animaux dotés de conscience, ce fait est une tragédie terrifiante. Pleurs et douleur pour un être perdu, cela peut bien se comprendre ; crainte face à son propre trépas, sans doute aussi : enfin, nous avons bien nos prêtres pour nous apprendre à croire, à défaut de pouvoir obtenir de réponse. Car quoi ? La réponse n'existe pas, car la question est un subterfuge. Rien ne justifie la mort, sinon elle-même. Le mythe de l'Ouroboros, de l'éternel recommencement. Mais la justice des hommes, jamais, jamais elle n'a eu quoi que ce soit à voir là dedans.

 

       La mort est par essence injuste au regard des hommes. Que dire de l'enfant qui meurt faute d'eau potable, aujourd'hui, le 18 décembre 2006 ? Que dire du nourrisson mort-né ? Que dire de la jeune fille contaminée par le SIDA, ou de la femme qu'une double mammectomie ne sauvera pas d'une mort programmée ? La vie humaine est plus que vulnérable, il est idiot et amoral d'en rajouter : que dire es centaines de soldats morts durant toutes les guerres, des civils, des attentas, et au delà, des principe eugéniques qui encore aujourd'hui font planer sur le monde la menace de nouveaux génocides ? Des morts en trop, des morts que l'on aurait pu éviter ! Voila ce qui est dit contre le criminel condamné à mort, il est responsable de morts que l'on aurait pu éviter.

 

     Mais voila, les morts sont là, et personne ne les a évités. Alors c'est bien beau aujourd'hui de croire que ces gens auraient pu vivre si Saddam n'était pas là. C'est bien beau, mais c'est faux. Un homme seul n'a pas le pouvoir de faire autant de mal. Il lui faut des complices, qu'ils soient actifs ou passifs, et il faut qu'ils soient nombreux, très nombreux. Un cadavre de plus, ou même 10.000 cadavres de plus ! Cela ne rassurera et n'apaisera que les sots. Des sots qui pourrons se contenter de ce credo : « voila, justice à été faite ». Sauf que non, la mort n'est pas une sanction. La mort arrive à son heure, de toute façon, et en rien la précipiter ne changera quoi que ce soit à celle de tous les innocents mort non pas par la faute d'un dictateur, mais bien celle de tous ceux qui ont fermé les yeux et laissé faire. Par notre faute. Par notre coupable silence, où par nos inutiles cris, même : tout ce que nous avons fait et surtout tout ce que nous n'avons pas fait pour empêcher ces morts.

 

Que l'on assassine le dictateur au sommet de sa gloire, alors que commence le génocide, à la limite, pourrait se comprendre.

 

Que l'on enseigne aux hommes ce qu'est la dictature, et comment elle se sert du silence des citoyens pour tuer impunément pendant des années, voila la seule solution digne d'une démocratie.

 

Saddam Hussein n'aurait pas eu, par toutes les années que la nature lui aurait encore accordé, assez de temps pour racheter ce qu'il a fait. Écourter la chose, ce n'est que lui donner la délivrance du trépas plus tôt. Car le trépas est une délivrance pour le dictateur, que celui-ci soit consumé de remords ou qu'au contraire il soit sur de son martyr et de sa place au paradis des gens qui ont fait le bien de leur pays. Saddam vivant ne pouvait plus nuire, sinon à lui-même. Et Saddam mort ? Qu'en penser ?

 

      Nous ne mourrons jamais. Les autres oui. Les autres meurent, nous vivons leur disparition. Nous souffrons, nous nous réjouissons, nous sommes indifférent : suivant. Mais nous, nous-même, nous ne mourrons jamais pour nous. « Je meurs », phrase impossible. Car à l'instant ou je meurs, je ne suis plus. La première personne n'est plus possible. Cesser d'exister, concept improbable pour l'individu. Les morts se moquent de la mort, puisqu'ils ne pensent plus. Puis qu'il ne sont plus, sinon en souvenir. N'être plus qu'un souvenir, ce n'est pas une punition, c'est ce qui nous pend tous au nez un jour.

 

Pourquoi le craindre ?

 

Pourquoi le souhaiter pour autrui ?

 

La nature, de toute façon, prendra toujours son dû. La grande faucheuse n'a jamais oublié personne, et ses choix ne peuvent êtres dictés par la justice des hommes. Sans quoi l'enfant qui meurt aujourd'hui faute d'eau potable serait chez moi à prendre le thé.

 

Saddam sera laissé à son sort, celui dicté par la justice des hommes, une justice lunatique qui ici ne résout rien si ce n'est l'illusion d'un désir de vengeance face à des injustices que nous n'avons pas voulu empêcher.

 

L'enfant qui meurt faute d'eau potable aujourd'hui, sera aussi laissé à son sort.

 

C'est ainsi.

 

Vous pouvez pleurer pour l'un, rire pour l'autre, ce ne sera pas suffisant pour y changer quoi que ce soit. A moins d'un miracle. Que soudain, tous ensemble, tous les hommes, décident l'apaisement et le partage, le pardon, et qu'en abandonnant enfin l'égoïsme et l'hypocrisie par qui naît la vengeance et perdure l'injustice, on arrive à donner à tout être ses droits fondamentaux. Vivre libre, et mourir dignement.

 

Lady Marwina