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Satyre du jour Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marwina   
16-11-2013

 

Il y a longtemps, à une époque ou Jacques Chirac était encore jeune, vigoureux et maire de Paris, le monde découvrait une tendance capillaire affichée par les stars du journal de 20h et celles de la série de TF1 du dimanche soir: les cheveux courts grisonnants, souvent accompagnés d'un menton rasé de frais.

Fins, souvent clairsemés, ils venaient entourer délicatement une calvitie naissante, tels des algues accrochés sur les quais du Vieux Port, échoués sur les têtes des plus emblématiques mâles cis-blancs-hétéros du moment. PPDA. Valérie Giscard d'Estaing. Carlos. Ils y allaient tous le leur look clean et moderne un brin coincé du cul, un look qui sent bon la respectabilité et la compromission avec le sens commun le plus ordinairement conventionnel. Une coiffure qui sent bon le bureau et la routine, la pause à la machine à café et la cigarette écrasée entre deux blagues sexistes sur la jeune secrétaire. Une coiffure déjà arborée par Maurice Papon à la fin des années 70, à l'époque ou il était ministre du budget, avant que la justice ne le rattrape enfin.

Puis vient le socialisme et l'on cru, naïvement, que cette prédominance totale de cette tendance capillaire serait révolue, au moins en partie. Que l'on se mettrait à voir plus de diversité dans les médias. Des jeunes gens à la télé, pourquoi pas même des femmes, en plus grand nombre et ailleurs que dans les séries pour lycéens. Peut-être même pourrait-on, qui sait, laisser une tribune aux minorités, ce genre de truc... Mais c'était sans compter le pouvoir grandissant sur les esprits de cette fameuse coupe cheveux courts grisonnants sur début de calvitie. Oui, je vous ai entendus soupirer d'aise, au travers de mon écran.

Car oui, je sais que vous savez que vous ne voulez voir que cela autour de vous, que cela et rien d'autre: des mâles blancs cis-hétéros aux cranes clairsemés, aux tempes grisonnantes et au sourire dépourvu de toute pilosité faciale.

Eh bien, chez amis, fort heureusement pour nous tous, la société a su entendre notre envie de nous enliser dans le conformisme le plus réducteur, et nous avons réussi à préserver nos yeux, nos oreilles et nos enfants de tout écart du type cheveux long chez un homme ou tresses savamment coiffées sur la tête d'une présentatrice de journal télévisé. Ou pire: sur celle d'une ministre de la justice.

 

Bien le bonjour au boulet intergalactique qui à pondu le torchon m'ayant inspiré cette satyre.

 


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