Index arrow Politique arrow Programmes

Programmes
Mélenchon et la dette Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marwina   
19-08-2011

Aujourd'hui, pour son anniversaire, Jean Luc Mélenchon nous gratifie d'un billet fort sympathique sur son blog.

« La dette est un prétexte »

En vérité, elle est tellement un prétexte calculé que tout à été fait, depuis plus de trois décénies à présent, pour la faire augmenter dans des proportions absurdes - surtout, comme nous le savons , sous l'égide de la peu pensance des gouvernements de droite. Mélenchon est l'une des rares personalités politiques à relever ce fait, par ailleurs: que la gestion de la droite est bien plus déficitaire que celle de la gaucheauniveau des finances de l'état. Ce qui est logique, par ailleurs: il n'est pas possible à la fois d'avoir une politique un minimum social, avec une assurance maladie qui tourne à peu près, et de sabrer unilatéralement dans les recettes de l'état en lancant des plans de baisses d'impôts et de charges à tous va au profit des plus grosses entreprises, patrimoines, salaires, fortunes, etc...

mélenchon

«Je suis affligé par le consensus qui s'installe entre le PS et l'UMP sur les mauvaises solutions d'austérité. Les deux sont désormais d'accord sur l'objectif fixé par Nicolas Sarkozy de revenir à 3 % de déficit dés 2013. [...] Les socialistes ont-ils au moins mesuré l'ampleur des coupes que représente, en à peine deux ans, leur nouvelle doctrine budgétaire ? Passer des 5,7 % de déficit prévus en 2011 à 3 % en 2013 supposerait d'amputer le budget de plus de 50 milliards d'euros en deux ans. C'est quasiment l'équivalent du budget annuel de l'enseignement scolaire qu'il faudrait couper. Et encore, je pars ici de l'hypothèse qu’en 2011 le déficit ne sera pas plus élevé que prévu par l’équipe Sarkozy»

Il y a de quoi. Comme souvent, pas une voix au PS - à part Arnaud Montebourg, évidemment - pour s'écarter du carcan dogmatique selon lequel un état se gère comme un ménage. Sauf que la France n'a jamais été aussi riche, et que la dette n'est rien de plus que le reflet de rèles comptables absurdes que nous ferions bien d'accrocher à un clou pour servir de papier toilette. Réduire comme peau de chagrin les maigres mesures qui permettent encore de vaguement retenir la consommation est bien évidemment la connerie du siècle, enfin, si l'on se base sur une optique de sortie de crise. Si le concept est d'agraver les choses, c'est différent.

«C'est le paradoxe du moment : l'austérité réclamée à tort et à cris par les marchés est la plus mauvaise solution contre la dette. Et d’ailleurs les « marchés » sanctionnent les pays qui appliquent les mesures d’austérité pourtant prévues pour les rassurer.»

Nous avons fort à parier, bien sur, que cette analyse ne sera pas entendue. Pourtant, J-L Mélenchon est de moins en moins seul à avancer ce genre d'argument dans le paysage politique. Et je ne parle pas là d'Arnaud Montebourg, mais de Nicolas Dupont-Aignan , et, dans une moindre mesure, de Dominique de Villepin . Bien sur, les conclusions sur les remèdes à adopter divergent: un raisonnement de droite n'étant par nature pas armé pour sortir suffisament le nez hors du crédo normalisé de la peu pensance libérale. (Enfin, dans le cas de Villepin il ne propose rien de concret, il fait juste du bla bla sur le thème «Une politique d’austérité sans justice sociale ne sert à rien», mais l'idée est presque là...)

Au final, les économies enfin définitivement au pied du mur finiront par, dans un premier temps verser dans la guerre civile, et dans un second seulement adopter les propositions développés par cette reflexion dont le héraut est aujourd'hui partagé entre le frond de gauche et consorts, et certains économistes parmis ceux qui ont depuis longtemps su voir venir la crise. Comme le disait si bien Raymon Devos: «Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nos l’éviterons ?»

Et pourtant, ce ne sont pas les pistes qui manquent. C'est ce qui est le plus terrible, en un sens.

«Pour s'affranchir de cette dette, il existe des solutions simples et efficaces. Je les ai déjà exposées sur ce blog. Je veux les récapituler.  On doit revenir sur l'appauvrissement de l'Etat. Remplir les caisses à proportion des dépenses.  Notamment en taxant les banques et les riches à qui on rembourse la dette. Les baisses d'impôts cumulées depuis 2002 représentent aujourd'hui un manque à gagner annuel de 60 milliards ! Rien qu'avec cette somme le service de la dette n'est plus un problème. Je ne dis rien là de la fraude fiscale qui s’élève tout de même à 40 milliards. Evidemment il y a aussi cette taxation des revenus du capital  à égalité avec ceux du travail que je viens d’évoquer ! Tenez compte que le travail est taxé, en moyenne à 40%. Les revenus du capital le sont à seulement 18%. On peut aussi faire un emprunt forcé sur les banques à un taux raisonnable en les contraignant à souscrire de la dette publique à un taux fixé par le parlement. On peut enfin remettre en cause une partie de la dette comme l'ont fait l'Argentine et la Russie par le passé, pour leur plus grand bien. Enfin, je répète que pour faire cesser immédiatement la dépendance des Etats vis-à-vis des marchés financiers, il suffirait que la Banque Centrale Européenne achète directement des titres de dette publique aux Etats au taux auquel elle prête aux banques, c'est-à-dire à 1%. Certes, cette proposition est contraire au Traité de Lisbonne qui interdit à la BCE de prêter aux Etats (article 123 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne). Mais quelle importance ? Le Traité a été violé mille fois déjà pour faire face à la crise bancaire ! Et d’ailleurs la BCE elle-même viole le traité de la pire manière car elle rachète les titres de la dette aux banques trop contentes de s’en défaire et de réaliser ainsi leurs avoirs, pillage compris.»

 


 

 
Nicolas Dupont Aignan Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marwina   
18-08-2011

Flanant toujours, je viens de tomber sur le site de Nicolas Dupont Aignan (bon, je l'ai un petit peu fait exeprès, après tout, j'ai cherché des infos sur son programme pour les présidentielles). Alors je lis des choses, notamment sa récation vis-à-vis de la récente lettre de Trichet adressé au gouvernement italien.

cause toujours

« La lettre récente de Jean-Claude TRICHET à Silvio BERLUSCONI est un véritable oukase sans précédent, qui met sous tutelle le gouvernement italien. Le Président de la B.C.E. ne fixe plus des objectifs, mais impose les détails d’une politique en décidant, non seulement pour le chef du gouvernement italien, mais aussi pour le Parlement. C’est une dérive particulièrement grave qui met fin à la démocratie nationale, sans pour autant y substituer la moindre démocratie européenne, si tant est qu’elle puisse exister. En imposant une politique, dont d’ailleurs l’efficacité n’a jamais été prouvée (libéralisation du marché du travail, privatisations diverses, etc…) Jean-Claude TRICHET s’arroge les prérogatives des autorités politiques du pays et se transforme en Gouverneur non élu d’un nouveau protectorat. »

 Ce qui aura le mérite d'être dit, même si personellement j'apporte des réserves sur les solutions qu'il propose pour éviter la débandade (rien d'étonnant à cela, je goûte peu les propositions de la droite en général)

Il est rassurant de voir qu'aujourd'hui, les abus du système choquent aussi bien à gauche qu'a droite. Une sorte de front républicain progressiste pourra peut-être émerger, à terme,et imposer un programme révolutionnaire commun comme le fit le CNR en son temps. Mais pour cela il ne suffit pas de se mettre d'accord sur le diagnostique (qui est assez concordant, dans l'absolu, et sur un spectre politique plutôt large) mais bien égallement sur les causes du mal.

Et là, pour le moment, la partie est encore bien loin d'être gagnée.

 

 
Christine Boutin Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Marwina   
18-08-2011

Christine Boutin s'est déclarée candidate pour l'élection présidentielles de 2012, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Si Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Nicolas Dupont Aignan pouvaient faire de même, ce serait super (bon, pour ce dernier, cela semble bien parti tout de même...).

L'éclatement de la droite fait plaisir à voir, en ce sens qu'il est rassurant de constater que tous ces gens ont compris que suivre Sarkozy dans sa politique à l'antithèse du gaullisme pouvait être mauvais pour eux,  mais ce n'est pas le plus réjouissant. Non. Après le Wall Street journal titrant "Marx avait raison", après le biographe de M. Thatcher déclarant "je commence à penser que la gauche avait raison", Christine Boutin piochant dans le registre d'idées du front de gauche! Il fallait le faire, elle l'a fait: nous la remercions bien bas.boutin

Quelles sont les mesures urgentes à prendre selon vous ?  «Au plan national, il faudrait que chaque État définisse l’écart de richesse acceptable. Il n’est pas tolérable qu’un ouvrier gagne 980 € par mois alors que les chefs de grandes entreprises ont des millions d’euros, ou que les entreprises du CAC 40 paient 8 % d’impôts alors que les PME sont redevables de 30 %. Selon moi, l’écart entre les plus pauvres et les plus riches devrait être de 1 à 20 ou de 1 à 30 tout au plus.»

Et récidive au micro de RMC, comme indiqué sur son site de campagne:

Christine Boutin estime qu'il faut « définir l'écart de richesse tolérable dans un pays ». Selon elle, il faut que la loi interdise un trop grand écart entre le plus haut et le plus bas revenu du pays. « Je pense que de 1 à 30 est quelque chose qui pourrait être envisagé », précise-t-elle. La présidente du Parti chrétien-démocrate avance d'autres mesures pour renflouer les caisses de l'Etat - qui s'apprête à décider d'un plan de réduction des dépenses publiques de 10 milliards d'euros.  « On peut immédiatement décider la taxation fondée sur la rapidité des opérations boursières, puisque celle-ci n'a comme objectif que la spéculation », dit-elle notamment. Christine Boutin demande aussi « la mise en place d'une allocation universelle qui remette complètement à plat le système fiscal français ». Elle serait « versée à tout le monde de la naissance à la mort, simple à comprendre et à financement d'équation nulle ».

Les événements deviennnet de plus en plux surréalistes.

Heureusement, tout n'est pas perdu, la droite reste la droite avec son carcan de peu-pensance à l'emporte pièce, et je vous rassure tout de suite par une troisième citation:

Seriez-vous favorable à ce que l’on demande une nouvelle contribution aux plus hauts revenus ?  « Cela relèverait davantage de l’affichage politique que d’une mesure de fond, selon moi. Parce que cela ne rapporterait pas énormément et pourrait avoir des incidences indirectes, comme d’encourager le départ à l’étranger des plus gros revenus. Il vaut mieux être beaucoup plus radical et travailler sur l’écart entre les revenus. »

Autrement dit: expliquer à ceux qui gagne plus de 30 fois le SMIC qu'on va limiter leur revenus en tronquant ne pose pas de problème d'évasion fiscale, quand augmenter leur impôt les affolerais. Mouhai. Pas pleinement convaincue par la brillante démonstration... Comme quoi il ne suffit pas de piocher une idée chez J-L Mélenchon pour pouvoir tenir le discours cohérent qui va avec.

Que l'on se rasure donc, Boutin reste Boutin.

Mais reconaissons que le paysage de droite avait bien besoin qu'un débat sur le plafonement des revenus arrive à percer au dela des lignes de la gauche de la gauche de l'estrême gauche.  Le FN avait été doublé sur sa droite par Sarkozy, aujourd'hui le PS est dépassé sur sa gauche par Boutin. Que demande le peuple...